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AI Act en entreprise : ce que vous devez vérifier

Qui est concerné, à quelle date, avec quelles obligations : le règlement UE 2024/1689 appliqué à une PME française qui utilise des outils d'IA.

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L'AI Act, ou règlement (UE) 2024/1689, encadre les systèmes d'IA selon leur niveau de risque. Une PME française qui utilise un outil acheté à un éditeur est le plus souvent « déployeur ». Elle doit former ses équipes et signaler quand un client parle à une machine. Elle doit aussi surveiller de près tout usage sensible, comme le tri de candidatures. Les obligations lourdes visent surtout les systèmes à haut risque, applicables à compter du 2 décembre 2027.

📌 À retenir

  • Une PME qui achète un outil d'IA est en général « déployeur », pas fournisseur.
  • Les usages courants (rédaction, résumé, tri de mails) relèvent du risque minimal ou de la transparence.
  • Le tri de CV, la notation de crédit ou l'accès à une formation sont des usages à haut risque.
  • Interdictions et maîtrise de l'IA s'appliquent depuis février 2025 ; haut risque à partir du 2 décembre 2027.

Ce que l'AI Act change concrètement pour une PME ou un indépendant

Le règlement ne vise pas seulement les géants qui entraînent des modèles. Il s'applique aussi à l'entreprise qui utilise un assistant de rédaction ou un chatbot sur son site. La différence tient au rôle : celui qui développe un système d'IA n'a pas les mêmes obligations que celui qui l'utilise.

Pour une petite structure française, le changement est surtout organisationnel. Vous devez savoir quels outils d'IA tournent chez vous, ce qu'ils décident et qui les contrôle. Les obligations techniques lourdes concernent les systèmes à haut risque et leurs fournisseurs : documentation complète, journalisation, gestion des risques.

Deux points s'appliquent déjà à tout le monde. Les pratiques interdites, comme la notation sociale ou la manipulation de personnes vulnérables, sont proscrites depuis février 2025. L'article 4 demande ensuite aux fournisseurs et aux déployeurs d'assurer un niveau suffisant de maîtrise de l'IA à leur personnel. Le texte tient compte du contexte d'usage et des connaissances de chacun ; il n'impose pas un diplôme.

Concrètement, un cabinet de trois personnes qui résume ses réunions avec une IA n'a pas de dossier de conformité à produire. Il doit savoir qui utilise l'outil, avec quelles données, et relire les sorties avant de s'en servir. Le même cabinet qui trie des candidatures avec cet outil change de catégorie.

Le schéma ci-dessous situe votre structure. Il ne remplace pas une analyse juridique de votre cas : à vérifier avec votre conseil.

Suis-je concerné ? Votre place dans l'AI Act

Vous utilisez une IACadre professionnelFournisseurVous développez, vendezDéployeurOutil tiers, usage banalDéployeur haut risqueTri CV, crédit, écoleHors champUsage strictement perso

Qui est concerné : utilisateur, déployeur ou fournisseur d'un système d'IA

Le règlement définit deux rôles principaux à l'article 3. Le fournisseur développe un système d'IA, ou le fait développer, puis le met sur le marché sous son propre nom. Le déployeur utilise un système d'IA sous sa propre autorité, sauf dans un cadre personnel et non professionnel.

Repère rapide : vous achetez un outil tiers et l'utilisez au travail, vous êtes déployeur. C'est la situation de la majorité des PME françaises. Elles s'abonnent à un assistant, un CRM enrichi d'IA ou un outil d'automatisation, sans développer de modèle. Le terme « utilisateur professionnel » désigne ce même cas dans le langage courant ; le texte parle de déployeur.

Le statut ne dépend pas de la taille. Une entreprise de deux personnes qui vend son propre outil d'IA est fournisseur. Un groupe qui utilise un assistant du commerce est déployeur. Ce qui compte, c'est qui met le système sur le marché et qui l'utilise.

Attention au glissement de statut. Selon l'article 25, un déployeur devient fournisseur d'un système à haut risque dans trois cas. Il y appose sa marque, il le modifie substantiellement, ou il change sa destination. Personnaliser un modèle général pour trier des candidatures peut relever de ce cas. Si vous construisez un agent IA pour vos clients, la question mérite d'être posée à votre conseil.

Le tableau suivant résume les trois situations et ce qui change pour chacune.

01

Fournisseur

Définition (article 3)
Développe un système d'IA et le met sur le marché sous son nom
Exemple en PME
Une agence qui vend son propre outil de scoring de prospects
Ce qui change pour vous
Documentation, gestion des risques, marquage des contenus générés
02

Déployeur

Définition (article 3)
Utilise un système d'IA sous sa propre autorité, à titre professionnel
Exemple en PME
Un cabinet qui utilise un assistant de rédaction et un chatbot acheté
Ce qui change pour vous
Maîtrise de l'IA des équipes, information des personnes, contrôle humain
03

Hors champ

Définition (article 3)
Usage dans le cadre d'une activité personnelle non professionnelle
Exemple en PME
Un salarié qui utilise une IA pour un projet privé, hors travail
Ce qui change pour vous
Aucune obligation au titre du règlement
Trois statuts prévus par le règlement UE 2024/1689 et l'exemple correspondant dans une petite structure. À lire : votre statut fixe le niveau d'obligations, avant même le type d'outil.

Le calendrier d'entrée en application, étape par étape

Le règlement est entré en vigueur en 2024, mais ses obligations s'appliquent par paliers. Le calendrier a été ajusté par le paquet « Omnibus IA ». Les dates ci-dessous sont celles affichées par la Commission européenne sur sa page officielle, mise à jour le 3 août 2026.

Ce qui s'applique déjà : les interdictions 1 à 8 et la maîtrise de l'IA depuis février 2025. Les règles pour les modèles à usage général suivent depuis août 2025, puis les règles de transparence depuis août 2026. La Commission a commencé à faire appliquer ces dernières le 2 août 2026, après des lignes directrices publiées le 20 juillet 2026.

Ce qui reste à venir : la neuvième interdiction, visant les contenus sexuels non consensuels générés par IA, en décembre 2026. Les obligations des systèmes à haut risque de l'annexe III s'appliquent à compter du 2 décembre 2027. Les systèmes intégrés à des produits réglementés, listés en annexe I, suivent en août 2028 selon l'article 113 amendé.

Pour une PME utilisatrice, le calendrier AI Act se résume à une priorité. Traitez d'abord les obligations déjà actives, transparence et formation. Préparez ensuite les usages à haut risque avant fin 2027. Un outil de recrutement acheté aujourd'hui sera soumis aux obligations strictes dans un peu plus d'un an.

Calendrier AI Act pour une entreprise : ce qui s'applique déjà et ce qui vient

  1. Février 2025

    Interdictions 1 à 8 et maîtrise de l'IA (déjà en vigueur)

    Pratiques interdites comme la notation sociale ou la manipulation. Article 4 : formation suffisante du personnel qui utilise une IA.

  2. Août 2025

    Modèles à usage général (déjà en vigueur)

    Obligations des fournisseurs de modèles GPAI, ceux qui motorisent les assistants que vous utilisez.

  3. 2 août 2026

    Transparence (déjà en vigueur)

    Informer qu'on parle à une machine, rendre les contenus générés identifiables, étiqueter les deepfakes. Appliquée par la Commission depuis le 2 août 2026.

  4. Décembre 2026

    Neuvième interdiction (à venir)

    Contenus sexuels intimes non consensuels générés par IA, introduite par l'Omnibus IA.

  5. 2 décembre 2027

    Systèmes à haut risque de l'annexe III (à venir)

    Recrutement, crédit, éducation, biométrie, justice : obligations strictes pour fournisseurs et déployeurs. Annexe I en août 2028.

Le principe de classification par niveau de risque

Le principe fondamental de l'AI Act est simple : plus un usage peut nuire aux personnes, plus les obligations sont fortes. Le règlement distingue quatre niveaux de risque pour l'intelligence artificielle. Ils vont de l'inacceptable au minimal, en passant par l'élevé et le limité.

Risque inacceptable : la pratique est interdite. Une PME n'est presque jamais concernée. Les cas visés sont la notation sociale des personnes ou l'exploitation de la vulnérabilité de personnes fragiles. Risque élevé : l'usage touche l'emploi, le crédit, l'éducation, la biométrie ou la justice. Trier des CV avec une IA entre dans cette catégorie.

Risque limité, dit de transparence : la personne doit savoir qu'elle a affaire à une IA ou à un contenu généré. Le chatbot de votre site et vos visuels générés relèvent de ce niveau. Risque minimal ou nul : filtres anti-spam, correcteurs, jeux. Aucune règle nouvelle, en dehors de la maîtrise de l'IA.

Un même outil peut changer de niveau selon l'usage. Un assistant qui rédige des fiches produit relève du risque minimal. Le même assistant qui note des candidats bascule dans le haut risque. Classez donc les usages, pas les logiciels.

La capture ci-dessous reprend la pyramide publiée par la Commission européenne. Le tableau qui suit la traduit en situations de petite structure.

Pyramide des quatre niveaux de risque de l'AI Act sur la page officielle de la Commission européenne : risque inacceptable au sommet, puis risque élevé, risque limité et risque minimal, suivie du début de la liste des pratiques interdites.
Pyramide des niveaux de risque et début de la liste des pratiques interdites, page « Cadre réglementaire sur l'IA » de la Commission européenne (digital-strategy.ec.europa.eu), capture du 19 septembre 2026.
01

Inacceptable

Exemple en PME ou chez un indépendant
Noter des clients selon leur comportement social pour leur refuser un service
Obligation
Interdit depuis février 2025
02

Élevé

Exemple en PME ou chez un indépendant
Présélectionner des candidatures avec une IA ; décider d'un crédit ou d'un accès à une formation
Obligation
Obligations strictes à compter du 2 décembre 2027 : contrôle humain, journaux, information des personnes
03

Limité (transparence)

Exemple en PME ou chez un indépendant
Chatbot sur le site, visuels ou vidéos générés pour la communication
Obligation
Dire qu'on parle à une machine, rendre le contenu généré identifiable (depuis août 2026)
04

Minimal ou nul

Exemple en PME ou chez un indépendant
Filtre anti-spam, correcteur, aide à la rédaction relue par une personne
Obligation
Aucune règle nouvelle, hors maîtrise de l'IA des équipes
Les quatre niveaux de risque du règlement, avec un exemple d'usage en petite structure et l'obligation associée. À lire : la plupart des usages quotidiens se situent sur les deux lignes du bas.

Les obligations concrètes selon l'usage : transparence, documentation, vigilance humaine

Les obligations AI Act d'une PME dépendent de l'usage, pas de sa taille. Trois familles reviennent le plus souvent dans une petite structure utilisatrice d'IA générative ou d'automatisation.

Transparence envers les personnes

L'article 50 impose d'informer clairement une personne qu'elle interagit avec une IA, sauf si c'est évident. Un chatbot sur votre site doit le dire dès le premier échange. Un texte généré publié pour informer le public sur un sujet d'intérêt général doit être signalé, sauf relecture éditoriale humaine. Les deepfakes doivent toujours être étiquetés. Le marquage technique des contenus générés incombe au fournisseur de l'outil.

Documentation et traçabilité

Pour un système à haut risque, l'article 26 demande au déployeur de suivre la notice du fournisseur. Il doit conserver les journaux générés automatiquement pendant au moins six mois. Il doit aussi informer les salariés concernés et leurs représentants avant la mise en service au travail. Enfin, il informe les personnes visées par une décision prise avec le système.

Pour les usages courants, aucune documentation n'est imposée. Un inventaire écrit reste pourtant la base de toute vérification, et la première chose qu'un conseil vous demandera.

Vigilance humaine

Le même article confie le contrôle humain à des personnes compétentes, formées et disposant de l'autorité pour agir. Cette exigence rejoint une bonne pratique utile pour toute automatisation des tâches. Une personne doit pouvoir relire, refuser et arrêter une sortie de l'IA. Le tableau ci-dessous relie chaque situation courante à son article et à une action.

01

Chatbot sur le site ou par messagerie

Obligation
Dire qu'on parle à une machine dès le premier échange
Article
Art. 50 §1
À faire
Message d'accueil explicite, mention dans les CGU
02

Visuels, vidéos ou textes générés publiés

Obligation
Contenu identifiable comme généré ; deepfakes étiquetés
Article
Art. 50 §2 et §4
À faire
Mention visible, relecture humaine des textes d'intérêt public
03

Équipe qui utilise des assistants IA au quotidien

Obligation
Niveau suffisant de maîtrise de l'IA
Article
Art. 4
À faire
Former, écrire une consigne d'usage, désigner un référent
04

Tri de candidatures ou décision de crédit

Obligation
Suivre la notice, contrôle humain, journaux six mois, informer salariés et personnes
Article
Art. 26
À faire
Inventorier dès maintenant, préparer avant le 2 décembre 2027
Situations fréquentes en petite structure, obligation correspondante et article du règlement. À lire : la colonne « À faire » donne une action concrète par situation.

Les sanctions prévues et ce qui reste à préciser au niveau français

L'article 99 du règlement fixe un barème en trois paliers. Les montants sont exprimés en euros ou en pourcentage du chiffre d'affaires annuel mondial. Pour une grande entreprise, le montant le plus élevé des deux est retenu. Pour les PME et les jeunes entreprises, le paragraphe 6 précise que c'est le plus bas des deux qui s'applique.

Le barème ci-dessous reprend le texte tel que publié sur artificialintelligenceact.eu, consulté le 19 septembre 2026. Les États membres fixent les règles de mise en œuvre et peuvent prévoir des sanctions complémentaires. Ces montants sont des plafonds, pas des amendes automatiques. Une autorité tient compte de la gravité, de la durée et de la taille de l'organisation.

Ce qui reste à préciser en France : la désignation et l'organisation des autorités nationales de surveillance. Cette information évolue et n'a pas pu être confirmée de façon fiable pour cet article. Vérifiez la situation en vigueur au moment de votre lecture auprès de sources officielles ou de votre conseil.

01

Pratique interdite (article 5)

Plafond en euros
35 000 000 €
Plafond en % du CA annuel mondial
7 %
Paragraphe
Art. 99 §3
02

Autres obligations (dont articles 26 et 50)

Plafond en euros
15 000 000 €
Plafond en % du CA annuel mondial
3 %
Paragraphe
Art. 99 §4
03

Informations inexactes ou incomplètes fournies aux autorités

Plafond en euros
7 500 000 €
Plafond en % du CA annuel mondial
1 %
Paragraphe
Art. 99 §5
Plafonds d'amendes administratives de l'article 99 du règlement UE 2024/1689 (texte consulté le 19 septembre 2026). À lire : pour une PME, le paragraphe 6 retient le montant le plus bas des deux.

Ce qu'une petite structure peut vérifier dès maintenant sans accompagnement

Une première vérification ne demande ni juriste ni prestataire. Elle tient en quatre étapes, à mener avec les personnes qui utilisent réellement les outils. Comptez une demi-journée pour une équipe de moins de dix personnes.

1. Inventorier. Listez chaque outil d'IA utilisé, y compris les fonctions intégrées à vos logiciels habituels et les usages individuels non déclarés. Notez qui l'utilise et pour quoi. Notre comparatif des modèles d'IA aide à reconnaître ce qui se cache derrière chaque service.

2. Identifier le statut. Pour chaque outil, le fournisseur est-il un éditeur tiers, ou l'avez-vous développé ou fortement adapté ? Dans le premier cas, vous êtes déployeur. Dans le second, l'article 25 peut vous requalifier.

3. Vérifier la catégorie de risque. L'outil intervient-il dans le recrutement, le crédit, l'accès à une formation ou une décision sur une personne ? Si oui, marquez-le comme haut risque et préparez l'échéance du 2 décembre 2027. Sinon, vérifiez seulement la transparence et la relecture.

4. Documenter les décisions automatisées. Pour chaque sortie d'IA qui influence une décision, écrivez qui relit, comment refuser et où sont conservées les traces. Cette gouvernance de l'IA reste utile même sans obligation légale. Elle protège aussi contre les erreurs ordinaires d'un modèle.

Le schéma résume la méthode ; la check-list en dessous permet de cocher chaque point. Pour aller plus loin sur les garde-fous et les consignes d'usage, consultez le parcours IA de La Refonte. Une partie du programme est consacrée à ces sujets.

Vérification AI Act en quatre étapes

1InventorierOutils, usages, gens2Identifier le statutDéployeur ou fournisseur3Classer le risqueRH, crédit = haut risque4DocumenterRelecture et traces

Sources

Dernière mise à jour : 19 septembre 2026

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Le parcours IA de La Refonte aborde les consignes d'usage, le contrôle humain et les automatisations sûres. Programme détaillé et modalités sur la page de la formation.

En savoir plus

Questions fréquentes sur l'AI Act en entreprise

Toute organisation qui développe ou utilise un système d'IA dans un cadre professionnel dans l'Union européenne. Le fournisseur développe et met le système sur le marché ; le déployeur l'utilise sous sa propre autorité. Une PME qui s'abonne à un outil d'IA est en général déployeur. L'usage strictement personnel reste hors champ.

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